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L’histoire · Vers 5850 avant notre ère – IIᵉ siècle

Les premiers champs

Le blé arrive en France il y a près de huit mille ans, par deux routes : la Méditerranée et le Danube.

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Deux routes

5850avant notre ère, les premiers champs de la côte méditerranéenne

Les premiers agriculteurs viennent d’Italie. Ils restent près de la mer et cultivent surtout l’Amidonnier (le blé)L’un des premiers blés cultivés, domestiqué au Moyen-Orient il y a plus de 10 000 ans à partir de l’amidonnier sauvage, lui-même né d’un croisement entre deux herbes. Un blé vêtu à 28 chromosomes, dont descend le blé dur. Le même mot désigne l’industriel qui tire l’amidon du grain : voir « amidonnerie ».Source : Académie des sciences · Lexique, un Blé vêtu, blé nuChez un blé vêtu, le grain reste enfermé dans ses enveloppes quand on bat l’épi : c’est le cas de l’engrain, de l’amidonnier et de l’épeautre. Chez le blé tendre et le blé dur, le grain sort nu. Les blés nus ont supplanté les blés vêtus, devenus peu cultivés.Source : Académie des sciences · Lexique. Quelques siècles plus tard, les blés nus deviennent la première céréale du Sud.

Au nord, d’autres arrivent d’Europe centrale, par le Danube. Vers 5200 avant notre ère, ils atteignent la Meuse, l’Escaut et la Seine, avec les premières meules à grains.

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Une moissonneuse poussée par un bœuf

Pline l'Ancien23, Novum Comum – 79, StabiesHomme politique, naturaliste et philosophe romain du Ier siècle (23 apr. J.-C.-79).Source : Wikidata, au Ier siècle, la décrit dans les grands domaines de la Gaule. C’est un caisson garni de dents, sur deux roues, qu’un bœuf pousse à travers les blés. Les dents arrachent les épis, qui tombent dans le caisson. La paille reste au champ.

Des bas-reliefs la montrent, à BuzenolSection d'Étalle, Belgique.Source : Wikidata · fond de carte : Natural Earth et à ArlonVille de Wallonie (Belgique).Source : Wikidata · fond de carte : Natural Earth, en Belgique, et à ReimsVille et commune française du département de la Marne en région Grand Est.Source : Wikidata · fond de carte : IGN, sur la porte de Mars.

Pline note aussi que les Gaulois lèvent leur pain avec la levure de leur bière : « aussi le pain est-il dans ces contrées plus léger que dans les autres ».

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Seize roues pour la farine d’Arles

16roues de moulin, au IIᵉ siècle, à Barbegal

À aqueduc et moulins de BarbegalSite archéologique en France à Fontvieille près d'Arles.Source : Wikidata · fond de carte : IGN, près d’ArlesCommune française du département des Bouches-du-Rhône.Source : Wikidata · fond de carte : IGN, un aqueduc alimentait deux séries de huit chutes d’eau. Chacune faisait tourner un moulin. Ensemble, ils donnaient sa farine à la ville.

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Les blés de ces premiers champs

L’amidonnier et l’engrain gardent leur grain dans leurs enveloppes. Le blé tendre et le blé dur, eux, le lâchent nu au battage.

Un épi sec d’amidonnier, au Muséum de Toulouse.
Un épi sec d’amidonnier, au Muséum de Toulouse.Photo : Roger Culos, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons
Un épi sec d’engrain, au Muséum de Toulouse.
Un épi sec d’engrain, au Muséum de Toulouse.Photo : Roger Culos, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons
Les sources citées (7)
  1. Gilles Charmet (INRA), « Wheat domestication: Lessons for the future », Comptes Rendus Biologies, vol. 334, n° 3, p. 212-220, Académie des sciences, février 2011.
  2. Laurent Bouby, Philippe Marinval, Fanny Durand et al., « Early Neolithic (ca. 5850-4500 cal BC) agricultural diffusion in the Western Mediterranean: An update of archaeobotanical data in SW France », PLOS ONE, vol. 15, n° 4, e0230731, PLOS, avril 2020.
  3. Aurélie Salavert, « Apport de l’archéobotanique à la compréhension des sociétés néolithiques », thèse de doctorat, HAL, 2010.
  4. Caroline Hamon, Aurélie Salavert, Marie-France Dietsch-Sellami, Cécile Monchablon, « Cultiver et consommer les plantes au Néolithique entre Seine et Meuse », dans Préhistoire de l’Europe du Nord-Ouest, vol. 3, p. 119-138, Société préhistorique française, 2019.
  5. Jerzy Kolendo, « La moissonneuse antique : son emploi en Gaule romaine », Annales. Économies, sociétés, civilisations, vol. 15, n° 6, p. 1099-1114, Persée, 1960.
  6. Pline l’Ancien, Histoire naturelle, livre XVIII, traduction d’Émile Littré (1848-1850), Site de Philippe Remacle, Ier siècle, traduction de 1848-1850.
  7. Philippe Leveau, « Les moulins de Barbegal dans leur environnement. Archéologie et histoire économique de l’Antiquité », Histoire & Sociétés rurales, n° 6, p. 11-29, Persée, 1996.

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